Chandeleur 2020 – 2 février

Apparue au Ve siècle, la Chandeleur n’est pas du tout spécifique à la Bretagne. Le pape en fonction à l’époque, Gélase, souhaitait alors récompenser avec des crêpes les pèlerins venus à Rome pour fêter la présentation de Jésus au Temple. Le choix des crêpes n’est pas anodin. Elles représentent, par leur forme ronde, le Soleil et l’abondance. À cette époque, les crêpes sont préparées avec de la farine qui date de l’an passé. Au début du XXIe siècle, la plupart des Français perpétuent ce rite gastronomique, avec des particularités régionales qui se sont affirmées ces dernières décennies : calvados et pommes en Normandie, bière dans la pâte en Alsace et dans le Nord, farine de Froment en Bretagne, etc. En fonction des goûts, l’accompagnement varie : chocolat, beurre salé, miel, caramel, confiture, crème de marron, citron, fruits…

La tradition, oubliée aujourd’hui, va même plus loin. Elle veut que l’on fasse sauter des crêpes en tenant la poêle de la main droite et une pièce d’or dans l’autre main. En France, la tradition veut que cette pièce soit un Louis d’or. Un signe de prospérité pour l’année à venir. Cette tradition n’est pas uniquement suivie en France. Elle est également respectée en Belgique, en Suisse Romande et au Luxembourg. La Chandeleur est aussi célébrée au Mexique, mais sous une autre forme que celle de l’Europe.

Les Mexicains se réunissent autour de tamales, une sorte de crêpes à la sauce sud-américaine. La fête ressemble à celle des rois mages, puisque lors de la Chandeleur au Mexique, un gâteau des rois est dégusté, dans lequel est cachée une fève représentant l’enfant Jésus. Celui qui tire la fève est chargé de préparer les tamales. Cette pratique a été exportée par les communautés mexicaines qui se sont installées partout dans le monde. Elle fait partie du patrimoine culturel immatériel en France.
Les origines de la Chandeleur demeurent disputées. Dans l’Empire Romain, il était d’usage, mi-février, de fêter les Lupercales. Cette période, riche en célébrations débridées (à l’image des Saturnales de la mi-décembre, qui auraient engendré Noël), se célébrait au Lupercal, une grotte située au pied du Palatin à Rome, en l’honneur de Faunus, divinité des troupeaux et de la fécondité. Or, le mois de février marquait, dans une société fondée sur l’agriculture, une période importante : celle des premières semailles.

La période correspond également, en Europe du nord, à l’ancien culte celte irlandais d’Imbolc. Les paysans célébraient alors la divinité de la fécondité en organisant des parades aux flambeaux. Pas sûr, néanmoins, que ces fêtes païennes aient directement engendré la fête que nous connaissons. La chrétienté s’est appropriée la date du 2 février, au moins à partir du IVe siècle, avant que l’événement ne soit officialisé par le pape Gélase. Des réjouissances célébrant la présentation de Jésus au Temple, quarante jours après la veillée de Noël, sont signalées dans les textes au Proche-Orient dès le IVe siècle. Le pape Gélase aurait “officialisé” le rite un peu plus tard, l’étendant à l’ensemble de la chrétienté, qui n’était pas encore divisée (les églises catholiques, orthodoxes ou protestantes apparaîtront bien plus tard). La fête aurait également été popularisée par l’empereur bizantin Justinien.  

Qu’est-ce que la Chandeleur ?

La Chandeleur doit son nom à la “Festa candelarum” : en latin, “fête des chandelles”. Les croyants vont alors développer l’usage d’allumer des cierges ou des chandelles. Cette tradition est notamment vivace dans les églises : chez les catholiques, le prêtre peut profiter de cette fête pour bénir les chandelles des personnes venues prier, achetées à l’avance et qui seront utilisées dans l’année. Les fidèles en ramènent souvent une chez eux et l’exposent à leur fenêtre le 2 février. Autrefois, il était d’usage d’enlever les objets liés à Noël (houx, crèche…) à l’occasion de la Chandeleur. 

Chair dorée et forme de disque, l’apparence des crêpes de la Chandeleur ressemble à celle de la galette de l’Epiphanie. Dans les campagnes, on disait que la farine de l’année serait perdue si elle ne servait pas aux crêpes de la Chandeleur. Aux alentours du Ve siècle, les paysans utilisaient donc la farine en trop des semailles pour préparer des crêpes symbolisant une prospérité à venir. 

Signification de la Chandeleur

Pour les chrétiens, le 2 février correspond à un épisode biblique : la Présentation de Jésus au Temple. Il est raconté par l’évangéliste Luc : “Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier né de sexe masculin sera consacré au Seigneur”. Traditionnellement, le rite juif demandait aux parents d’un nouveau né de participer à une cérémonie de purification de la mère, quarante jours après l’accouchement. 

Dans la Bible, Marie et Joseph se présentent au Temple à Jérusalem (qui fut plus tard détruit par Rome) à ce moment précis et procèdent au sacrifice de deux colombes, selon les préceptes révélés par Moïse. Un vieil homme sage nommé Syméon serait entré dans le Temple et aurait reconnu la “nature divine” du nouveau-né en le prenant dans ses bras. L’homme aurait vu dans l’enfant la “lumière” qui éclairerait les païens. La scène de la présentation au Temple a servi de sujet à de nombreux peintres : Fra Bartolomeo, Hans Holbein, Philippe de Champaigne, Simon Vouet… Un cantique en est aussi né, ou chant de Syméon, composé à partir des paroles qu’aurait alors tenues le prophète : “Maintenant, Seigneur, tu peux me laisser m’en aller dans la paix, tu peux me laisser reposer… car mes yeux ont vu le Salut que tu prépares à la face des peuples.”

C’est ce fait sacré qui donnera pour les chrétiens le sens de la Chandeleur, où l’on célébrera la lumière apportée sur la Terre. Pour les chrétiens, cette clarté rappelle la “lumière” prodiguée par le Christ et est un symbole du renouvellement de la foi mais aussi de la pureté de la Vierge Marie. De nombreuses traditions liées aux crêpes ont vu le jour, notamment en France. L’une d’elles consiste à tenir un louis d’or (ou plus communément, une pièce de monnaie) dans une main et à retourner une crêpe en la jetant en l’air depuis sa poêle. Une retombée élégante et non pliée de la pâte serait de bonne augure pour les finances du foyer. Par ailleurs, les plus superstitieux conserveront la première crêpe dans une armoire : là, elle aurait le don d’attirer la chance.

A quelle date tombe la Chandeleur ?

Le chiffre à retenir est 40. Dans la liturgie chrétienne, la Chandeleur est fixée au 2 février, c’est à dire 40 jours après la veillée de Noël du 24 décembre. La date est en effet censée représenter un épisode biblique : la Présentation au temple de l’enfant Jésus par sa mère, Marie. Cet événement raconté dans la Bible aurait eu lieu 40 jours après la naissance du Christ. Plus tard, au IVe siècle, la papauté a fixé la célébration de la naissance du Christ au 25 décembre, jour de la Nativité, c’est à dire Noël. La Chandeleur est donc fixée quarante jours après Noël, au 2 février, dans la tradition catholique. Il s’agit du 33ème jour de l’année et même la survenue d’années bissextiles ne change pas sa date. 

Source linternaute.com et les chemins d’eléonore