ENTRETIEN AVEC H.J DE CAUMONT, PRESIDENT DES CHASSEURS SARTHOIS

Nous avons commencé la semaine avec un article sur l’ouverture de la pêche à la truite et nous la refermons avec un sujet sur la Fédération des chasseurs de la Sarthe, notre département étant bien connu pour disposer autant de rivières que de bois, de forêts et de plaines propices à l’exercice de ces deux sports de plein air.

Et qui mieux, que Henri-Jacques de Caumont La Force, président de la Fédération pour nous accompagner dans les méandres de la nouvelle loi Chasse actuellement en cours de discussion au Parlement. Celle-ci, à travers ses textes, régit en effet au quotidien l’exercice de ce sport que pratique un peu plus de douze mille sarthois sur un territoire de plusieurs dizaines de milliers d’hectares placés sous la surveillance et la responsabilité de la Fédération départementale des chasseurs.

Quand les chasseurs indemnisent les agriculteurs

Celle-ci dispose selon son président de «  d’un budget d’environ deux millions d’euros annuels dont l’essentiel provient de la vente des timbres fédéraux et de bracelets pour les grands animaux ». Actuellement le coût d’un permis national pour le grand gibier est de 402 euros, contre 330 pour le petit gibier, fixé par la fédération nationale,  et de 155 euros pour le départemental. Dans le cadre des négociations en cours l’idée est de réduire à 200 euros le coût du premier et à 150 euros le second. Pour ce dernier la réduction peut paraître légère mais comme le précise H.J de Caumont «  Cela représente quand même un manque à gagner important pour la fédération sarthoise, or l’essentiel de nos recettes est redistribué aux agriculteurs en dédommagement des dégâts causés par le gibier dans les cultures, en particulier les sangliers. Ceux-ci sont variables d’une année à l’autres et peuvent passer de 250 à 450 000 euros les plus mauvaises années quand on les évalue à environ cinquante à soixante million sur l’ensemble du territoire national ». On comprend dans ces conditions que l’effort de la fédération sur le prix du permis départemental ne peut être extensible.

Des consignes de sécurité drastiques

Dans le cadre de cette nouvelle loi chasse une disposition obligerait la remise à niveau des chasseurs dont la plupart n’ont pas passé un examen lors de l’attribution de leur permis, examen qui n’existait pas à leur époque. Cette formation a notamment pour objet la sensibilisation aux questions de sécurité car chaque année on déplore dans l’Hexagone quelques accidents mortels et d’autres moins graves. Fort heureusement la Sarthe n’a eu à connaître aucune victime lors des dernières saisons de chasse. Là encore le président à tenu à apporter une précision importante « Cela ne se fera pas du jour au lendemain car du fait du nombre de chasseurs cette remise à niveau nécessitera l’organisation de quelques douze mille journées de formation. Pour autant nous allons nous y mettre rapidement« . Dont acte. D’ores et déjà les chasseurs ont l’obligation d’avoir une assurance et le président de chaque territoire de chasse est responsable des accidents qui pourraient se produire, d’où lors de chaque sortie hebdomadaire le rappel des règles à respecter par chacun d’eux. Un registre est d’ailleurs tenu sur lequel figure les noms de tous les chasseurs qui s’obligent ainsi à respecter les consignes qui leur sont donnés.

Chasse à tir et chasse à courre

Pour Henri-Jacques de Caumont qui reste un septuagénaire alerte et qui veille sur la bonne marche d’une Fédération dont le siège installé sur la commune de Voisvres compte une quinzaine de salariés : «  La moyenne d’âge de nos chasseurs en Sarthe est de l’ordre de 54 ans et nous comptons 7% de femmes. Des chiffres évidemment très inférieurs s’agissant de la chasse à courre (vênerie à cheval et à pieds) pour les grands cervidés et les lièvres où l’on compte moins d’une dizaine d’équipages en Sarthe qui chassent dans les forêts domaniales comme Bercé et des domaines privés à Sillé-le-Guilaume, Perseigne ou Vibraye. Dans le cadre du plan de chasse et afin de réguler les différentes populations d’animaux la Fédération départementale à délivré lors de la saison dernière quelques 1250 bracelets ont été délivrés pour les grands cervidés dont seulement soixante-dix pour la chasse à courre. À noter que le président pratique indistinctement la chasse à tir et la chasse à cour ce qui témoigne de son éclectisme.

Comptage des animaux et plans de chasse

D’après les comptages effectués par les gardes de la Fédération sarthoise des chasseurs on estimait à 400 la population de chevreuils dans le département au cours des années 1985/1990 et selon Henri-Jacques de Caumont «  Ceux-ci seraient désormais plus de dix mille et on évalue à près de six mille le nombre de sangliers, chiffres en forte augmentation. A noter que depuis cette année le lapin n’est plus classé parmi les animaux nuisibles. Il est vrai que leur nombre est peu élevé, la myxomatose ayant entraîné la disparition d’un très grand nombre d’entre eux ». Rappelons que cette maladie virale à été introduite en France puis dans différents pays au cours des années 1950 par un médecin d’Eure-et-Loire désireux de se débarrasser des milliers de lapins qui « infestaient » sa propriété de Maillebois. Aucune barrière sanitaire efficace n’a, à ce jour, permis d’immuniser les lapins de garenne de la maladie.

L’assemblée générale en avril

Précisons que l’Assemblée générale des chasseurs de la Sarthe se tiendra le 27 avril à Arnage sous la houlette de Henri-Jacques de Caumont La Force qui fêtera à cette occasion sa 21ème année de présidence à la tête des chasseurs sarthois. A cette date il est peu probable que la nouvelle loi chasse aura été adoptée définitivement par l’Assemblée nationale et le Sénat. Affaire à suivre donc.

Interview réalisée par J.Y Duval